Entre nous autour du monde

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Plage et découvertes en Asie du Sud-Est, trekking en Himalaya, randonnée dans les Andes, cheval et ascension au Chili et en Argentine


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El Fin del Mundo

Maintenant, on est capable de distinguer un condor d'un flamand rose, d'un canard, d'une oie ou d'un pic. Et oui, on en a vu de ces oiseaux! On nous a dit leur nom, mais ce n'est pas toujours facile de s'en rappeler. Alors très souvent, entre nous la conservation s'arrête à: "Tu as vu, c'est l'oiseau au long bec!" ou "c'est le même que tu as photographié au Fitz Roy." ou "c'est un pic à tête rouge." Ou encore "Ah celui-là est tout petit!". On est devenu ainsi des spécialistes es volatiles. C'est pourquoi, on a décidé d'approfondir également nos connaissances animalières. Aussi, après les baleines, les pingouins, les éléphants de mer, tels  des "Cousteau en herbe", on a pris le bateau pour observer une autre espèce: les lions de mer. On n'a pas été déçu: on les a vus et de près! Attention les odeurs. Les mâles sont impressionnants. Avec leur crinière, ils ressemblement à des lions. Nous avons aussi vu plein de petits. On a adoré ce spectacle.

De retour à Ushuaia, nous avons retrouvé nos deux Canadiens, Jane et Warrick, avec qui on est parti faire du trekking dans le parc "Tierra del Fuego" pendant trois jours. Un paysage de lacs et de montagnes. La météo a été relativement clémente, nous permettant ainsi de grimper un petit sommet de 900 mètres, le Cerro Guanaco. Facile, pensez-vous? Par ici, c'est un challenge, digne du Métailler, à Siviez! Didier a d'ailleurs lamentablement abandonné à 600 mètres d'altitude. Il a fait sa "chochotte": il ne voulait ni se mouiller les pieds ni salir ses chaussures. No comment! Bref, de là-haut la vue était tout simplement magnifique: le bout du monde à nos pieds! Une manière de quitter en beauté la Patagonie.

Nous voilà maintenant à Buenos Aires, une métropole de 13 millions d'habitants (1 Argentin sur 3 vit ici). Des allures de capitales européennes, des quartiers différents, des cafés à chaque coin de rue, des gens partout... Mon shoppeur de mari adore (je garde la visa sur moi et filtre l'argent liquide!); quant à moi, j'aime bien...

Des sourires, des paysages, des couleurs, des odeurs, des cultures... Ce voyage nous a marqués. On ne rentrera pas différent, mais enrichi. Tout au long de cette année, on aura fait de belles rencontres autour d'une table, durant une randonnée, dans un bus, sur un sommet, dans une auberge... Autant d'histoires qui ont coloré notre voyage. Nous avons pu vivre une belle aventure... entre nous!

Il est temps de rentrer maintenant! J'ai jeté mes chaussures...

Didier et Katia 



Publié le 10:21, 13/12/2007
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Presque entre nous au bout du monde

Puerto Williams, au Chili, la ville la plus australe du monde (et oui, ce n'est pas Ushuaia comme on le croit bien souvent chez nous). Pour y arriver, il faut traverser le canal Beagle en zodiac (30 minutes qui peuvent être aventureuses en cas de forts vents) puis subir les aléas de l'administration chilienne. Trois heures d'attente à la douane faute de personnel d'immigration... les Indiens et leur lenteur administrative battus par les Chiliens du bout du monde... Patience, patience. Départ en trekking à 16 heures (il fait jour jusque vers 22h, ça aide), pour 5 jours au bout du bout du monde. Au programme du premier jour: du vent, des gros nuages noirs qui nous épargnent et puis le vol sompteux de deux condors... Deux tentes au camp. Ça fait du bien de voir un peu de vie dans ces terres hostiles à l'homme. Au réveil, chaque groupe hésite. Des Australiens renoncent, des Canadiens nous emboitent le pas. Face à nous, les Dientes de Navarino que l'on va contourner durant les 5 jours du circuit. Il faut faire sa trace dans la neige. Les pieds mouillés et sécoués par les vents, on atteint notre premier col. A partir de là, le topo, la carte et beaucoup de bon sens sont indispensables pour trouver son chemin. Pour tenter, en vain de garder ses pieds au sec, Katia les emballe dans des sacs plastique. Peine perdue. Nos pieds seront mouillés pour tout le trekking...

Warrick et Jane, nos Canadiens, nous rejoignent. Ils ont trekké dans le monde entier, en Ouganda et en Bulgarie, ont atterri sur l'Ile de Vancouver après sept ans de voyage autour du monde (de 1974 à 1981). Ensemble, nous allons chercher notre chemin, rarement nous perdre, partager des anecdotes de voyage, rire, résister au vent, à la neige, à la pluie, profiter des accalmies du ciel pour avancer.

Des paysages de bout du monde, avec des lagunes qui succèdent à d'autres lagunes (comme elles ne sont pas toutes notées sur la carte, difficile de faire le tri) et des forêts dévastées par les castors. Entre les troncs rongés, les forêts abattues, les barrages ingénieux, on sentira leur présence sans toutefois les voir.

On profite d'une météo assez clémente pour gagner du temps sur notre planning. On déniche des places de camping relativement protégées du vent patagon et sèches. Mis à part nos pieds humides, on sera relativement chanceux tout au long de nos 4 jours de balade (finalement 4 jours contre les 5 prévus). La tente (merci Matthieu) a bien résisté aux pluies australes et sèchent rapidement. Désormais nous sommes des adeptes de la cuisine au gaz, beaucoup plus précise... Merci à Jenn et John grâce à qui nous avons eu l'assurance de manger chaud chaque soir.

Après 4 jours de marche, des cols enfilés comme des perles, un coup d'oeil en direction du sud et du Cap Horn, on aperçoit, au bord du canal Beagle, une poissonnerie abandonnée. Longue descente pénible avant 7 kilomètres de route pour rejoindre Puerto Williams. Retour à la civilisation (et aux douches chaudes). On a touché le bout du bout du monde.. On sent la fin de notre belle aventure. Désormais, chaque pas nous rapprochera de la maison.

On vous embrasse

Katia et Didier, les aventuriers du bout du monde



Publié le 08:20, 4/12/2007
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Un petit détour

Comme Didier est entrain de mettre des photos sur internet, je prends le clavier. Beaucoup de choses depuis Les Torres del Paine, et surtout beaucoup de kilomètres.

Pour commencer, le Perito Moreno: un mur de glace de 60 mètres de haut. Impressionnant! De la glace vivante qui prend des bleus différents avec le soleil. Le glacier craque et se brise dans l'eau. Ensuite, le Fitz Roy et le Cerro Torre: des glaciers accrochés à des falaises de plus de 1000 mètres de haut. Un massif montagneux digne des pics de Chamonix. J'avoue que de voir ces alpinistes partir pour ces montagnes m'a fait un peu rêver! Du reste, nous avons eu énormement de chance avec la météo: ciel bleu et pas de vent (ce qui en Patagonie est assez rare!). Lorsque nous avons pris le bus pour Puerto Madryn (à plus de 1500km), le chauffeur s'est même arrêté pour faire "une pause-photo".

Puerto Madryn? Pourquoi? Car il est vrai que ce n'est pas le chemin le plus direct pour aller à Ushuaia. Et bien, tout simplement pour la péninsule Valdès, ou plus précisément pour les baleines! Et oui, nous avons eu la chance de voir une maman baleine avec son baleino passant même sous le bateau; des éléphants de mer, mais bon eux sont plutôt inactifs et des pingouins! On a adoré ces pingouins: leur démarche, leur curiosité, leur dextérité dans l'eau et même leur dance amoureure et pour le reste, on vous laisse imaginer... Le résultat était bel et bien là: des bébés pingouins! Un petit détour de 5000km en une petite semaine. A ce rythme-là, on ira en week-end à l'île d'Oléron ou en Espagne, non? 8 heures de voiture, qu'est-ce que c'est? Aller aux Grisons pour faire du ski ne sera plus un souci! Enfin, nous voilà maintenant à Ushuaia, le bout du monde. Demain on s'en va pour plus loin que le bout du monde, Puerto Williams afin de faire notre dernier trek sur l'île de Navarino (le trek le plus austral au monde, soi-disant). Ensuite, je jette mes chaussures "made in Nepal"! Cela va me faire mal au coeur tout de même. Didier a déjà commencé à jeter certains habits... La Suisse se rappoche.

Bisous Katia et Didier



Publié le 07:33, 29/11/2007
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La Patagonie de plein fouet

Débarquement et soulagement à Puerto Natales pour Katia, qui décidément n'a pas le pied marin. La balade maritime a il est vrai été parfois bien mouvementée. Mais la visite au glacier Pie XI, avec ses 90 mètres de haut et plus de  6km de large a récompensé le courage de Katia et fait oublier une navigation pas toujours très enthousiasmante. Puerto Natales, port balayé par les vents (et en Patagonie, ça en prend toute sa signification) est la porte d'entrée du Parc national du Torres del Paine, objectif de notre passage dans la région. En gros, plus de 200'000 touristes randonneurs se perdent dans l'immensité de ce parc naturel, à remonter des vallées durant des heures avec comme seul espoir un coup d'oeil sur un glacier qui tombe dans le lac (glacier Grey), des glaciers suspendus qui dévalent à grands fracas dans la vallée (vallée des Français) ou encore et surtout les Torres del Paine qui s'embrasent au lever du soleil. Mais tout cela a un prix et cette destination du sud du Chili l'a bien compris. Entre le bus pour rejoindre le site, le catamaran pour atteindre le point de départ de notre randonnée et les entrées du parc, plus de 100 dollars se sont "évaporés".

Pas de quoi calmer nos ardeurs et nous distraire d'un paysage longtemps rêvé. Du catamaran, le regard épouse l'ensemble du massif avec les Cuernos, qui trônent majestueux au milieu de ce tableau naturel. On apprécie. A chaque balade, sa récompense: la solitude venteuse face au glacier Grey nous fait oublier le retour, 11km, qui font de cette mise en jambes un bon 22km à plat. Grimpée dans la vallée des Français le deuxième jour. Pour avoir davantage de chance d'apprécier le panorama (comme la météo est capricieuse et imprévisible dans ce coin du monde), on décide de camper au sommet de la vallée. Du coup, on se retrouve seuls au monde. On aperçoit les montagnes avant le coucher du soleil. Seul petit bémol: je rencontre quelques petits problèmes avec le réchaud qui tourne au ralenti. Après trois heures, on aura finalement goûté à une soupe et à des pâtes au fromage. Au réveil, une surprise nous attend. L'hiver fait son apparition. La tente est recouverte de 10 centimètres de neige. Bzzzzz. Journée bizarre entre neige, pluie puis soleil radieux, juste le temps de faire sécher toutes nos affaires et de retrouver un moral qui me fuyait. Les twix offerts par Blaise et Laura au refuge Cuernos gâtent nos estomacs. Pendant que nos amis profitent du confort du refuge, on joue des coudes dans notre tente. Surtout on se tient chaud. Au lever, bonne nouvelle: il fait grand beau. En Patagonie, comme le temps change très vite, il faut foncer... Surtout que le but de la journée est de monter voir les fameuses Torres del Paine. Après cinq heures au pas de charge et une grimpée raide dans un pierrier, le spectacle nous coupe un souffle déjà un peu court.

On campe au pied du pierrier. Comme prévu, on remontera pour le lever du soleil. Notre réveil nous lâche. Mais John et Jenn, des amis canadiens de Calgary, tapent à notre tente. Il vient de sonner 4h30. Les jambes engourdies, les yeux collés, on attaque la montée. Longue attente dans un froid mordant. Quelques nuages retardent l'arrivée du soleil. On ne verra pas les tours s'embraser. Ça reste magique quand même....

Le bus file sur la route en terre. Dans notre dos, les Torres del Paine qui barrent l'horizon s'éloigent sans trembler. Nous ne sommes que deux touristes parmi plus de 200'000 randonneurs chanceux à avoir goûté, le temps d'une randonnée, à des paysages sauvages et préservés.  

Didier et Katia



Publié le 01:50, 22/11/2007
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A saute-frontière entre le Chili et l'Argentine

Hola. Après notre ascension volcanique du Villarica et notre descente "comme dans du beurre" à skis de ce cône, nous avons tenté une autre activité outdoor de Pucon: le cheval. Après d'intenses négociations, nous avons disposé de montures plutôt sportives. Idéal pour Katia l'expérimentée, qui comme tout le monde le sait, a appris à monter à cheval avant de marcher (!) et inquiétant pour moi et mon unique expérience réalisée en Camargue sur un "mulet" apathique. Au final, une après-midi très sympa, passée en compagnie de Catherine et Laura, deux Suissesses, à se balader dans des paysages de western... On s'est pris une grosse rincée. Mouillés jusqu'aux os, on a eu la chance de tenter un galop de folie, sur un terrain plat et sablonneux... Youououh. Aucune chute à signaler.

Après Pucon, on a mis le cap sur Bariloche en Argentine. "La" station touristique de montagne d'Argentine. Arrivée juste après la saison de ski. Bariloche, ça ressemble fortement à notre petite Suisse. On y trouve des chocolateries à chaque coin de rues, des St-bernard dociles pour des séances photos ainsi qu'une "colonia suiza", fondée en 1937 par des immigrés de Suisse romande (et du Valais), où l'on peut savourer une délicieuse fondue... Vous salivez... Nous, on a même pas essayé (réd: dépit). On s'est rattrapé avec un steak argentin, surtout moi (réd: immense sourire). Une tranche qui vous remplit l'assiette, puis la panse. Au bonheur des carnivores. On a découvert la région à vtt, puis comme d'habitude pourrait-on dire, à cheval, avec notre guide, Carol Jones, descendante de Texan. Depuis trois générations, ils habitent dans le coin. On a visité, à cheval, sa modeste propriété... En gros, ça va jusqu'à l'horizon, et puis "derrière la montagne, il y a une laguna, et mon terrain va jusqu'après la laguna". Rien que ça. Il y souffle un vent à décorner les boeufs. Au fait, en plus de ces 23 chevaux, notre Carol Jones possède un petit cheptel: 4000 têtes de bétail... Tout est démesuré par ici. Avant notre tour, il a fallu rassembler les montures. Epique. Magnifique balade où l'on a aperçu des cerfs...à portée de fusil... Autant de steak qui se balade impunément dans la nature, c'est indécent.

On est de retour au Chili, à Puerto Varas. Il y a un lac et au fond un volcan... Ça ne vous rappelle rien... Il pleut. On patiente, en attendant notre bateau qui nous emmènera de Puerto Montt à Puerto Natales: 4 jours de navigation, dans des fjords, au pied des glaciers. Superbe, à condition de ne pas avoir le mal de mer. Mais, ça, c'est une autre histoire.

Katia et Didier, en route pour le bout du monde

 



Publié le 05:29, 1/11/2007
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Freeride volcanique

Les jambes démangeaient depuis le temps... Après le trekking, le vtt, le bus, on a atterri à Pucon, petite station de ski. Ça ressemble à la Suisse. Y a juste le volcan Villarica, parfaitement cônique et bien enneigé, qui domine le village et le lac. Trop tentant... Les agences le proposent, à pieds ou à skis. Le rêve, même si l'agence met bien en garde les touristes: faut porter skis et chaussures de skis au sommet, soit 1600m de dénivelé. Même pas peur qu'on s'est dit. Et nous voilà partis pour l'aventure, la tête dans les nuages. Juste trop beau.

On a bien sûr refuser de prendre le télésiège pour gagner une grosse demie-heure. Après 50 mètres, notre guide était déjà relégué à une bonne vingtaine de mètres de Katia, qui avait déjà pris les commandes de notre petit groupe. Très vite, on rattrape les autres randonneurs, partis en télésiège et pas trop lourdement chargés. Nore guide montre des signes de faiblesse. Très vite, il nous envoie un autre guide de l'agence, plus rapide. Oscar part tout droit dans la pente... Oups, on va devoir serrer les dents. Le sac, une petite quinzaine de kilos, se fait sentir au fil des mètres... On atteint le sommet après 4 heures de grimpette (contre 6 d'après l'agence). Superbe cratère, sans lave mais avec des gaz qui te brûlent l'oesophage... Pas trop de vent. Et devant nous, le lac de Pucon et 1600 mètres de descente sur une neige de printemps tout juste revenue... Du pur bonheur...

On pense bien à vous

Katia et Didier



Publié le 04:41, 24/10/2007
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Chili en accéléré

On vous a quittés à Arequipa au sud du Pérou, on vous retrouve à Pucon, au milieu du Chili, plus de 2000km plus au sud... Entre ces deux villes que d'aventures. Un crochet par le Canyon del Colca pour notre rendez-vous avec les condors. Petite balade dans un canyon qui n'a rien du Grand Canyon du Colorado (petite déception), puis un matin à 6h, réveil pour aller prendre notre poste d'observation au-dessus du canyon... Visiblement, les touristes se sont passés le mot ce matin-là. Alignés pour le spectacle, caméra au poing, débute l'attente. Un condor quitte bien le nid pour un vol d'observation: les touristes sont là, le show peut commencer. Et là, majestueux, sans effort, le condor nous toise du regard: on a l'impression de pouvoir le toucher en tendant le bras: émotion forte pour un court moment qui restera gravé quelque part dans nos coeurs.

Pas de temps à perdre, il faut filer vers le sud. Passage de frontière épique avec des Péruviens qui tentent l'entrée au sud, vers un pays riche, synonyme d'espoir. Arica, Iquique, deux villes en bordure d'océan, forts contrastes avec le Pérou que l'on vient de quitter. Il fait un temps couvert, pas trop chaud. La saison de surf n'a pas commencé. On ne s'attarde pas. On fonce vers San Pedro de Atacama, au pied du Licancabur, à la fontière avec la Bolivie et l'Argentine. Très touristique. Du coup, on plonge (facon de parler) dans un lac salé. On flotte, trop cool, même si c'est pas trop chaud. C'est à 30km de San Pedro. On y est allé à vélo. Retour face à un vent de force 4, difficile de  tenir une ligne droite. Comme un avant-goût de Patagonie. Katia n'aurait pas forcément l'envie de revivre cette expérience venteuse sur des milliers de kilomètres. Le Chili perd 2-0 en Argentine pour le premier match des qualifications pour la Coupe du monde 2010 de football.

Un  bus et hop, 24 heures de bus plus tard, on découvre Valparaiso, port d'artistes, de graffitis, de couleurs, pentu comme Lausanne. Petit hôtel confortable sur une colline, on prend les ascenseurs pour grimper et plonger. Balade au petit bonheur dans la ville, le nez en l'air. Un peu trop, un pickpocket trouve le temps de faire les poches du sac de Katia. Ouf, Katia l'avait vidé de son contenu (lunettes médicales) le matin même. Sensation étrange de s'être fait prendre quelque chose. Au fait, il a juste embarqué le produit pour se laver les mains...Joli pied de nez pour ce malotru. Après les paysages désertiques et pelés du Pérou et du nord du Chili, on s'étonne de retrouver des arbres et des sapins le long des routes. Enfin de la verdure.

Courte halte à Santiago, juste le temps de prendre un café... con piernas, spécialité de Santiago. L'expresso est bien "corto" et le service est light. En gros, ce sont des filles en string qui te servent et avec qui tu débats des fluctuations du cours de la bourse, de la dernière victoire du Chili contre le Pérou. Si tu es un touriste mal à l'aise comme moi, tu bois ton expresso cul sec, tu regardes brièvement l'écran tv qui montre du foot et tu files, tout penaud, retrouver ta petite femme chérie qui patiente au tea room voisin. Volà pour ma visite "cul-turelle de Santiago...

On est à Pucon, au pied du volcan Villarica (2800m), au bord d'un lac. Ca ressembler beaucoup à des coins de Canada. Ici, c'est juste le pied pour les activités outdoor. On va faire un peu de vtt, du cheval. On loge dans une petite pension sympa genre chalet, on peut cuisiner, le vin chilien est à la hauteur de sa réputation, Katia a trouvé une piscine pour nager et de temps en temps, on se trouve un endroit cosy pour se prendre un petit café, en amoureux.

On pense bien à vous, aux passionnés d'oiseaux (on a aussi assisté au vol des flamands andéans du côté de San Pedro), aux amoureux de la Patagonie.

Les aventuriers en route pour le bout du monde



Publié le 04:14, 21/10/2007
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Un Chachani à la péruvienne

Motivés comme jamais pour le premier 6000m de notre voyage, équipés de pantalon style années 80, genre les Bronzés, on a embarqué dans la nuit d'Arequipa pour 3 heures de route, direction, quelque part là-haut dans la nuit, à plus de 5000m. Départ un peu après 22h (retard péruvien oblige), à 23h Katia détecte une odeur suspecte. 23h10, cette odeur interpelle notre chauffeur. Petite halte, lever de capot et la tuile: la bombe à eau fuit. Résignés, on doit rentrer pour changer de jeep...

00h30, deuxième tentative. Après 3 heures de route, notre chauffeur nous débarque au milieu de nulle part, tous près des étoiles. Notre guide avale un de nos médicaments (le mal des montagnes???). Après 10 minutes, premier signe de fatigue chez notre guide... Après 45 minutes, on passe le camp. Silence total, tout le monde est déjà parti. On avance lentement. Au col, le jour pointe. Katia prend la tête de la course. Notre guide prend la dernière position. Traversée de neige glacée, à flanc de coteau. Pas besoin de crampons, ni de piolets. Le sommet prend les premiers rayons de soleil. Magique. On aperçoit une colonne de randonneurs dans la deuxième grande pente (il y en a 3 jusqu'au sommet). Ca nous titille. On tente d'accélérer. A l'arrière, notre guide devient tout blême... "Ce n'est pas une course" nous dit-il. Oui, mais bon, on aime bien les rythmes réguliers... Oups. On rattrape un groupe d'Allemands, partis plus tôt que nous et de plus haut. Après une traversée, on atteint un col, 150m sous le sommet. On attend notre guide... On lui conseille de reprendre des forces et on insiste un peu. Un peu gênés, on le "pose" pour faire le sommet en solo. Il reste au col pour se remettre de ses émotions... Encore 150m, dans une pente un peu sablonneuse, c'est dur. On s'encourage. La perspective d'être seuls là-haut, en amoureux, nous donne une grosse énergie. Quoi, après la bosse, y a encore une bosse... Le souffle court, heureux, on atteint 6075m. La vue panoramique est époustouflante. Il est 8h30. Séance photos (avec le drapeau suisse piqué à l'hôtel), pause sandwich, sous le soleil, sans vent. Que du bonheur. Après 30 minutes de farniente, on attaque la descente. Un pur régal. On court dans la pente. Quasi aucun effort. On rejoint notre guide, continue avec lui. Après un moment, il regarde sa montre. Elle indique 9h30, soit 6 heures depuis notre départ. Il est incrédule, nous prend pour des barbares. On devrait attaquer la dernière pente vers le sommet... Longue descente avec des pauses pour attendre notre pauvre guide péruvien. C'est promis, il ne partira plus jamais avec des Suisses parlant francais...

Notre jeep roule déjà vers Arequipa. Les images se bousculent dans nos têtes... Et si nous avions rêvé, cette nuit la tête dans les étoiles, ce lever de soleil sur les montagnes, ce silence, ce sommet rien que pour nous...



Publié le 02:01, 9/10/2007
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A pied jusqu'au Machu Picchu

Pour des as du trekking, quelle autre alternative que la marche pour rejoindre la cité perdue des Incas. Alors, on a opté pour le Salkantay, 4 jours avec un col à près de 4800m. Jusque-là, ça paraît simple. Sauf que dans notre groupe hétéroclite, il fallait compter avec un couple colombien qui découvrait le trekking, deux Brésiliens qui voyaient de la neige et des glaciers pour la première fois de leur vie. Manquait juste une Hollandaise qui habite au-dessous du niveau de la mer pour complèter cette joyeuse randonnée. Elle s'appelle Natacha.

Finalement, cela nous aura permis de voir les montagnes, d'apprécier le paysage. Le jour de la grande étape, on les a attendus une heure au col (brrr faisait un peu froid), une heure à la pause repas de midi (ah oui parce qu'il mange chaud au milieu du trekking les Péruviens), et une heure au campement du soir. Finalement toute la bande a atteint Aguas Calientes, puis le Machu Picchu... A 6h20, un lever de soleil en amoureux devant cette nouvelle merveille du monde. Un cadeau magnifique pour ma troisième visite du site. Pour encore mieux apprécier le site, on a grimpé au Huayna Picchu. Si, si. Et pour ceux qui ne nous croirait pas, notre ami australo-vietnamien Eddy a immortalisé tout ça dans sa petite caméra. On voit des marches qui bougent, parfois des fesses de touristes, de la végétation dense, ça part dans tous les sens, on entend Eddy au bord de l'apoplexie.. Un documentaire live inédit. Réservez déjà vos places pour les longues soirées d'hiver.

Voilà. quoi vous dire. On est rentre heureux à Cusco, en faisant des petites haltes dans la Vallée Sacrée: à Ollantaytambo, magnifique village devenu très touristique, aux salinas de Maras (des terrasses blanches dans un décor grisâtre, de toute beauté), au marché dominical de Chinchero (très authentique et haut en couleurs). Le matin, les habitants des villages alentour trockent leurs marchandises: des patates (pour ceux de l'Altiplano) contre des bananes et divers fruits (pour les autres).

Mais l'envie du trekking et des jambes qui démangent, nous sommes repartis pour le trekking de l'Ausangate. On a engagé Daniel Coronel, notre cuisinier du Salkantay, comme guide-cuisinier. Au final, l'un de nos plus beaux trekkings, entre 3800 et 5200m, à travers des pampas peuplées de lamas et alpacas, à tourner autour d'un massif montagneux splendide. De lac en lac, on a ainsi marché 4 jours, surprenant des vigognes au passage d'un col. On a aussi profité de plonger dans les eaux troubles de bassin d'eau thermale. Idéal après 6 heures de marche. Nous avons vécu durant 4 jours en harmonie avec la nature.. Seul problème, aucun bus pour rentrer sur Cusco le samedi et le dimanche au départ d'Ocongate. Du coup, un camion a fait l'affaire. C'était compter sans la poussière. A plus de 4000m, dans les Andes, on a dégusté notre bonheur.

Arrivés à Arequipa, au sud du Pérou plein de globules rouges, on a trouvé un nouvel objectif: le Chachani. Quoi vous ne connaissez pas. C'est l'une des montagnes que l'on voit derrière la ville. Ou plutôt au-dessus. L'altitude: 6075m.. "Deux jours d'effort avec une nuit à plus de 5300m" voilà la proposition des agences. Mais pourquoi donc passer une nuit inconfortable à ces altitudes andines? Du coup, on part tout à l'heure, à 22 heures (heures peéuviennes) et l'on va marcher toute la nuit...avec l'intime désir d'arriver là-haut pour le lever de soleil.. Allez, on vous laisse, on doit se reposer un peu et prendre quelques forces.

Bonne nuit ou excellente journée. On pensera fort à vous qui nous suivez. Vous nous manquez.

 



Publié le 12:19, 4/10/2007
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Le Pérou, premier stop sur la route d'Ushuaia

Atterrissage en douceur au Pérou. De Lima, on a filé dans la Cordillère blanche, à Huaraz. L'objectif: faire un trekking. Et oui, après une longue pause, les jambes démangeaient. Du coup, on a choisi de faire le trekking de Santa Cruz: 4 jours au milieu des montagnes (Santa Cruz, Alpamayo), avec le col de Punta Union à plus de 4700m. On n'a choisi, pour une fois de le faire en solo (merci à Matthieu et Darja pour la tente et le réchaud et à Valérie qui nous les a refilés a Durham). Du coup, chargés de sac de plus de 12 kg, le dos recourbé on a rejoint notre premier camp. Arrivée bien fatigués, mais heureux de nous retrouver en pleine nature. Au petit matin, impossible d'allumer le réchaud. Du coup, j'ai chauffé, Katia a laissé passer l'orage (merci à sa patience) et puis on est reparti pour plus de 7 heures de marche. Avec des courbatures aux épaules, au dos, au jambes, aux .. et j'en passe. Magnifique vallée perdue au milieu des montagnes. On a fait un petit crochet pour aller au pied de l'Alpamayo. Magnifique. Il paraît que c'est la plus belle montagne, mais chut. Panorama grandiose au pied de notre tente, pour notre deuxième nuit. Un Péruvien sauve notre rechaud, complètement encrassé par notre essence. Ouf, on peut s'enfiler notre deuxième plat lyophilisé, des macaronis au fromage (merci Valérie et Jacques, nos sponsors sur le coup).  Pas terrible... mais bon, c'est léger et riche en protéines et vitamines. Troisième jour: météo moyenne, montée très lente au col, le souffle court, puis descente sans fin jusqu'au camp. Fine pluie en fin de journée et pour notre quatrième et dernière journée de trekking. Du coup, durant notre retour en bus, on n'aperçoit ni le Huascaran, ni le Pisco. Dommage. Mais cette aventure valait bien le coup et nous a mis le pied à l'étrier pour nos treks en Amérique du Sud.

De retour a Lima. En 4 jours, on a a visité la ville en long, en large et en travers. Ville sans trop d'intérêt d'un point de vue touristique, mais intéressant de se plonger dans le quotidien des Limenos. Le dimanche matin, on s'est fait un petit footing en bord de mer et sur la falaise de Miraflores, histoire de profiter de nos globules. Sympa. Sinon, on logeait chez Ana Maria, une amie qui s'occupe des lignes de Nasca. Une belle maison d'artistes qu'on a quittée pour aller à Ica. Un mois après le tremblement de terre, on est allé sur place voir le travail de la Coopération suisse. Des images de désolation, des histoires qui ne vous laissent pas insensibles. Trop dur pour Katia. Un reportage sur la vie des Péruviens un mois après le tremblement de terre va paraître dans le quotidien La Liberté, de Fribourg.

Voilà. On est à Cusco. On a assisté aujourd'hui à une grande fête à Sachsawaman (oups pour l'orthographe). Beaucoup de couleurs, un peu de musique, comme une entrée en douceur dans la culture inca. Demain, on part pour le trekking du Salkantay, direction le Macchu Picchu puis la Vallée Sacrée. On se réjouit et on ne vous oublie pas.



Publié le 11:56, 16/09/2007
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A nous les Amériques...

Hello, le propre d'un blog, c'est de l'alimenter. Or voilà que nous restons muets depuis des mois. Que l'on vous rassure. Nous sommes sortis et bien sortis, indemnes de l'enfer du Taklangla. Tout cela paraît bien loin. A des milliers de kilomètres pour être plus précis. Nous sommes à Durham, Caroline du Nord, Etats-Unis d'Amérique. Pourquoi faire passer un tour du monde par cette ville américaine inconnue du grand public et des tours operators? Tout simplement pour rendre visite à nos amis: la petite famille Fellay, avec papa Jacques en route vers le Prix Nobel, maman Valérie qui nous gâte avec ses mets succulents (même de la viande, suffisamment rare pour le signaler), fille Oriane qui se remplit de courage avant de retrouver son prof de sport Noir américain (reprise scolaire light lundi prochain), et fils Robin qui se demande bien ce qu'il fera de sa vie avant de conquérir la Maison Blanche. Nous voilà donc en vacances chez les Yankees, à profiter de nos amis avant de filer vers l'Amérique du Sud, du Pérou à l'Argentine en passant par le Chili. Petit retour en arrière. Après notre périple à vtt dans l'Himalaya, nous avons eu besoin de nous reposer. Normal après tant d'efforts. Nous avons donc pris la direction de Dharamsala, ville indienne où réside le Dalaï Lama, le gouvernement tibétain en exil et donc une forte communauté tibétaine. Malheureusement pour nous, le Dalaï Lama a eu la bonne idée de visiter l'Allemagne à ce moment-là. Alors pour rester zen et découvrir une autre Inde, on s'est mis avec Katia au yoga. L'Hata yoga pour les initiés. Katia à raison de deux séances quotidiennes et Didier se contentant d'une seule. Faut pas pousser quand même. Cela nous a plu. Car le Hata yoga est une forme sportive de yoga et non méditative.  Du coup, nous avons travaillé notre souplesse comme jamais. Et le soir, autour de repas, de disserter avec nos nouveaux amis (dont un Britannique plus ou moins sportif, qui connaissait bien le Valais pour avoir participé à quelques courses de montagne, et qui après un mini-interrogatoire, nous a révélé avoir remporté Sierre-Zinal, rien que ça) des bienfaits de la pratique du yoga dans la vie de tous les jours...Un autre monde. On a aussi tenté de nous initier au reiki. Katia m'a demandé de ne pas en parler ici. Dont acte.

 Du bien-être et de la relaxation, l'idéal avant d'affronter la vraie Inde, celle d'en bas, grouillante, polluée, surpeuplée, sale, ... Nous avons retrouvé New Dehli, juste le temps d'acheter notre billet de train pour Agra et le Taj Mahal, dernière étape programmée de notre séjour aux Indes. Un matin pluvieux, au fond d'un jardin, nous découvrons le Taj Mahal. Majestueux. Un bel hymne à l'amour. Son élection parmi les sept merveilles du monde moderne n'est pas usurpée. Quitter Agra sera plus difficile: des enfants mendiants insistants, des Indiens qui tentent de nous tromper et de nous extirper de l'argent, quelle détresse humaine. Il pleut à notre retour à New Dehli. Plus qu'un jour à tenir... Fatigués mais heureux, nous repartons dans notre tour du monde, sur les chapeaux de roue. Halte éclaire à Hong Kong (trois jours), chez les Cotture (Sacha, Nor et Chloé). Très sympa. Sacha, de Fully, travaille dans un bureau d'architecture de renommée mondiale. Il construit des villes de 125000 habitants en Inde, rien que ça. Après l'Inde, Hong Kong représente un choc pour nous. Nous venons de basculer dans le monde moderne et high tech. Les navettes bateau pour rejoindre le centre de Hong Kong partent pile à l'heure, chaque vingt minutes. Tout fonctionne presque trop bien. Après New Dehli et Hong Kong, direction New York. Troisième mégalopole en une semaine. On frise l'asphyxie. D'autant que nous subissons les contrecoups du décalage horaire (douze horaires) et du manque de sommeil. Du coup, chaque matin, à 4 heures, impossible de dormir. Faut juste attendre 5 heures pour profiter de la piscine de l'hôtel. Un hôtel avec piscine et qui donne sur Central Park, le tout à tout juste 100 dollars. Trop fort pensez-vous. Bon, nous partageons les toilettes, et oups, en ouvrant la porte de la chambre, nous avons découvert un lit à étages... Vive le romantisme. Mais Katia en a vu d'autres.  New York, on a juste adoré. D'en haut (Rockefeller Center), la vue est époustouflante. Et d'en bas, nous nous sentons tout petits. Au programme de notre séjour new yorkais, de la balade déambulatoire dans Manhattan, à Brooklyn, à Harlem, du farniente sur les bancs de Central Park et un peu de culture au MOMA. No comment. Avant de quitter New York pour notre séjour à Durham, nous avons juste fait notre jogging dominical dans Central Park. Après sept mois sans sport, vive les courbatures. Et nous voilà donc à Durham, Caroline du Nord, chez le futur président des Etats-Unis d'Amérique, qui je vous le dis, vit très bien sa future célébrité.  Il semble bien éloigner des tracas actuels de l'administration Bush. Pour preuve, il n'a pas commenté les derniers propos du président sur l'Irak. Pas encore du moins, pour l'instant, il termine sa sieste.  


Publié le 10:36, 24/08/2007
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Dans l'enfer du Taklangla

Nous voila a Manali... 480 km plus loin, 7 jours plus tard, fatigues mais heureux. Fatigues? et plutot. La route n'a pas ete de tout repos. Certes, ca commence par pres de 50km presque a plat, mais apres... Devant nous se dresse le Taklangla, 5300 et des poussieres (le 2e plus haut col motorisable du monde pour ceux qui n'auraient pas suivi). Mais a ces altitudes, des poussieres, ca compte. Apres une journee de VTT, on s'est retrouve a Lato, 38km avant ou plutot sous le fameux col, la premiere et vraie grosse difficulte de notre aventure. 38km, a une vitesse moyenne de 6km/h (et sans trainer, on vous le promet), ca fait 6 bonnes heures. Confortablement assis sur nos VTT (la selle etait le truc le plus valable sur ces velos Made in Thailand), on a souffert dans les zig zag du col... Et le pire du pire, ce sont les dix derniers kilometres.. On se trouve a plus de 5200m, le col est juste la-bas au fond, la poitrine se serre, les mollets chauffent. Et ca n'avance pas... On pedale, on pousse, on souffre, on se repose. Katia, courageuse, pedale sur l'avant-derniere vitesse (impossible de passer la derniere, satane VTT) et me pose dans les derniers hectometres de l'ascension. Des motards, arrives depuis l'autre versant, nous regardent meduses. On l'a fait, ces six heures dans l'enfer du Taklangla. Ne reste plus que des "collines" devant nous, des bosses a 4800 ou 3800m d'altitude. Ce jour-la, reste la descente et le plat vers Pang: 60km, pas rien quand meme. Apres 20km de descente, notre route traverse de vastes plateaux. Petit a petit, nos dernieres forces nous lachent. Les paysages, aussi somptueux que sur une carte postale, nous enchantent sans nous donner l'energie pour rejoindre notre halte de la nuit... C'est decide, on prend un camion. Y a pas de hote quand meme (et on ne le dira pas aux copains...). Probleme: durant 3 heures, on ne fait que croiser des camions. Aucun vehicule ne roule dans notre direction... Il est 18h, la nuit va s'installer sous peu. On se trouve a 4500m d'altitude. Aucun signe de vie a l'horizon. Presque plus de biscuits dans les sacs a dos, a peine quelques decilitres d'eau dans les bouteilles, et juste un sac de couchage pour un campement de fortune. Finalement, un camion est sorti de nulle part, et hop nous a embarques pour les 20 derniers kilometres (dont 5 de pure descente).

On a passe notre nuit a Pang, une halte pour camionneurs. Que des hommes dans la tente, bonjour l'ambiance. Surtout pour Katia, qui en plus a passe la plus grande partie de la nuit entre notre sorte de lit et les toilettes...Super pour reprendre des forces en vue de la journee suivante, celle des cols. Katia a fait preuve de beaucoup de courage pour atteindre le premier col, a 4800m, 23km plus loin que notre halte nocturne. Et moi, je me suis habitue a mes sandales indiennes en plastique a deux balles. Et oui, durant la nuit, un camionneur a eu la subtile et sympathique idee de me voler mes chaussures (et semelles speciales...). Je me suis donc retrouve pieds nus (et nick-el-es) au milieu de rien... L'aventure qu'on vous disait. Ce jour-la, on a aussi fait un peu de camion (un peu en montee et beaucoup en descente) ce qui a permis a Katia de combattre son attaque microbienne. On a aussi voulu eviter de compromettre la fin de cette randonnee a VTT.

Ne restez plus que deux grosses difficultes devant nous, le Baralacha La (4800m) et le Rothang Pass (3900) et des kilometres (grammes) de poussieres encore a avaler. Et c'est pas peu dire. Jettez un coup d'oeil sur la photo de Katia, pas besoin de commentaire. En effet apres le Baralacha La, on a croise un convoi d'une centaine de camions. Entre les gaz d'echappement et la poussiere, on a vecu l'enfer... Et le Rothang Pass? Apres une nuit juste avant le col a Koksar, dans un endroit glauque de chez glauque, on est parti motive comme jamais pour notre derniere journee, avec la promesse d'une descente de plus de 50 km sur Manali... Sauf que nous avons pris la pluie durant plus de deux heures. Dans la boue, le froid et la tempete...trempes jusqu'aux os, a bout de force et tremblotant de froid, on a trouve refuge au col aupres d'Indiens regroupes sous une tente. Sans rien savoir de nous, ils ont accueilli Katia et l'ont aidee a se rechauffer. Et tant pis pour la descente, on a pris un camion pour terminer en douceur notre aventure dans l'Himalaya.



Publié le 08:52, 18/07/2007
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Après la marche, le VTT

Julle...Après un long silence, nous voilà de retour sur le blog... On a trekké à la Markha Valley, près de Leh. Magnifique avec un coup d'oeil (envieux pour Katia) sur le Kangyaze, un sommet à 6400m. On s'est baigné dans les rivières, même à 4700m, tout nus, loin des regards indiscrets. Frisquet mais apprécié. On a rencontré Anatoly, un voyageur russe au long cours, un vrai poème. Très drôle, tête en l'air, insouciant, passionné de cailloux...

En 4 trekkings dans l'Himalaya, on aura parcouru près de 750 km à pied (ça use, ça use), fait de très belles rencontres, de celles qui rendent un voyage riche et passionnant. On a décidé de poser les chaussures pour un moment, celles de Katia on refait la Markha Valley aux pieds de Morgane, une Suissesse étudiante en géographie à Lausanne. Ca me renvoie à mes études tout ça. Et avec Katia, on s'est lancé un défi: parcourir à vtt les 3 plus hauts cols motorisables du monde d'après les gens d'ici). Les trois se trouvent autour de Leh. On a déjà mis le Kardhung La (5606m, le plus haut) et le Chang La (le 3e plus haut) dans la boîte. Notre Russe nous a accompagnés (un peu à VTT et beaucoup en bus) dans notre première expédition au Kardhung La... Trop drôle. On a pas mal souffert, nous motivant à chaque borne pour atteindre nos objectifs. Le vélo nous a ouvert des portes, les gens nous encourageant tout au long de la route. Très agréable. Katia a apprécié. A tel point que l'on va rentrer à Manali à vtt (480km et des cols, des cols). L'Aventure avec un grand A durant 7 jours.

Oublie de vous dire qu'on n'a pas pu résister à mettre nos fesses sur un chameau dans la Nubra Valley, et que l'on a remonté un col dans un vieux camion.. Toujours l'aventure. Depuis six mois (on les fête aujourd'hui même) que l'on est parti, on a donc multiplié les modes de transport.. dans le désordre: voiture, train, avion, jeep, vtt, bicyclette, cheval (pour Katia au Zanskar), pied, bus, camion, bateau, yack, chameau, scooter, pied.. bref tous les moyens sont bons pour voir du pays, nous imprégner de cultures différentes, découvrir des paysages stupéfiants, rencontrer des gens... Depuis trois mois et notre arrivée dans l'Himalaya, on se sent vraiment bien dans notre voyage, même si vous nous manquez tous très fort.

On vous embrasse de Leh au Ladakh et on profite pour vous souhaiter à tous un bel été (à Fully, Oléron, Bulle, Verbier, au Paléo, au Portugal, dans les montagnes valaisannes, dans la campagne vaudoise, à Ovronnaz, Siviez et partout ailleurs)

Les aventuriers sur la route

Katia et Didier

(pour les photos faudra patienter, elles vont encore faire de la route jusqu'à Manali et une meilleure connexion internet)



Publié le 09:20, 8/07/2007
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La grande traversée du Zanskar

Voilà, cette fois-ci j’ai décidé de prendre le crayon ou plutôt le clavier devrais-je dire et cela même si je m’étais dis que je laisserai Didier faire cela… et oui… un mari journaliste c’est pas toujours commode… Attention aux majuscules! Les erreurs orthographiques, je veux bien, mais il est vrai que j’accorde moins d’importance à ces lettres qu’il faut écrire en  grand. Bref, je n’écris pas comme une journaliste et excusez-moi déjà si vous rencontrez des éléments perturbant votre regard…

 

25 jours… 25 jours de marche, bon avec quelques journées de repos, mais quand même… C’est long! Surtout à la fin, quand votre pantalon est sale, quand votre tee-shirt pue la transpiration, quand les cheveux sont plaqués sur le crâne, quand cela gratte partout… Et pourtant, on a lavé nos habits dans les rivières, mais après une journée de marche à avaler et à renifler de la poussière, à manger assis en tailleur, à dormir sur des matelas de sol où les oeufs se sont éclaffés (et oui, pas l’idée de mettre les oeufs ailleurs que sur les matelas de sol, et cela sans protection, empilés sur les bagages et le tout ficelés sur le cheval… En tout cas, t’es content quand après 5 heures de marche, il faut tout nettoyer et je peux vous assurer que de l’oeuf séché d’une part cela pue, mais en plus cela colle… Ah oui, et à force d’être secoués sur les chevaux, tu ne retrouves même plus le jaune d’oeuf… Tout est mélangé!), les habits sont à nouveau sales… et puis, à mon avis, notre nettoyage à la main, ne vaut pas celui d’une bonne machine à laver! On s’est également lavé tous les jours, mais pas toujours facile dans les rivières… le visage et les pieds et pour le reste dans la tente… Mais là egalement rien ne vaut une bonne douche chaude! Bref que des détails vous me direz, mais après 25 jours… C’est long!

Autrement que dire… Ah oui, vous connaissez les “Bronzés font du Ski”, Vous imaginez la scène et bien oui… c’était exactement comme cela! Pas une étable, mais une vraie tente, ils te refilent un bol et là tu te dis “aïe aïe aïe”… On  s’est regardé, souhaité bonne chance: pour commencer, pas trop de problème, une sorte de yogourt que tu mélanges à de la tsampa (de l’orge concassé), ensuite, un deuxieme bol, mais cette fois-ci du yogourt frais (et moi qui n’aime pas le “vrai” lait de vache)… et quand on a vu la boule de beurre à mettre dedans et bien tu te dis “ça passe ou ça casse”… Et tout cela dans des conditions d’hygiène européenne bien entendu (ils lavent la vaisselle avec le petit lait…)! On a également eu droit à du fromage (du machin sec que tu n’arrives même pas à mâcher), le tout arrosé de lait de yack frais… Bref une sacrée aventure… qui s’est répétée à plusieurs occasions; alors avec Didier, on a développé des stratégies efficaces pour éviter certains délices locaux, par exemple, boire le thé salé très lentement et une fois sur le départ, terminer sa tasse, autrement tu peux être certain d’être resservi plusieurs fois, le verre devant toujours être plein. A ce jeu-là, Didier s’est fait avoir une fois: complètement saoul avec la boisson locale… Il n’arrivait même plus à parler… il devait marcher à tâton et a mis sa main dans une “merde” de yack, ce qui l’a fait éclater de rire, alors qu’en temps normal… imaginez plutôt la réaction soupe au lait de mon cher et tendre Didier!

 

Quelques expériences culinaires, mais en définitive notre cuisinier s’est avéré être un cuisinier hors-pair: il nous a même préparé un cake sur le réchaud! Autrement, on a fait un record dans notre consommation de porridge… 25 jours! (moi qui devais manger cela quand j’étais petite…), mais finalement mélangé à des corn falkes, ça passe… Mais les pancakes, c’est quand même meilleur! Bref, de ce côté-là, on a été gâté. Notre horseman, également, quelqu’un de fantastique! J’ai même pu faire une étape à cheval (Didier l’a faite en jeep, c’était sur la route!)… A cru, une semaine pour m’en remettre, je n’arrivais presque plus à m’asseoir! Quand à notre guide… en définitive un aide-cuisinier qui n’aime ni la culture “de l’ouest”, ni son travail… Il a tiré la gueule la moitié du trek et ce n’était pas toujours évident… 27 ans et dépressif en puissance… cela nous a un peu gâché certaines étapes de notre trek. Bref, on ne peut pas toujours avoir que du bol!

 

Enfin, le trek en tant que tel… Une belle aventure… des étapes plus ou moins longues, parfois assez physiques, dans des vallées, des gorges, le long de larges rivières. Paysages assez secs, mais surprenants (parfois, un peu trop gris pour moi…), des villages verdoyants, des monastères accrochés à la montagne, des gens toujours souriants… 25 jours de découvertes incessantes… le tout à une altitude toujours supérieure à 3100 mètres! Un souvenir: le passage du premier col à presque 5000 mètres d’altitude… 4 chevaux, deux vaches, et toute une petite équipe de Zanskarpas et deux Suisses, certains souhaitant traversés le col pour rentrer à la maison, quant à nous,  pour tout simplement commencer notre trek… beaucoup de neige, les chevaux qui s’enfoncent jusqu’au ventre, qui ont même fait la culbute, qui ont perdu leux bagages, un des Zanskarpas qui est passé à l’eau… des discussions pour finalement se demander si on ne devrait pas rebrousser chemin… mais finalement tous, on s’est entraidé (on a porté les bagages) pour atteindre ce col… une sacrée aventure, les larmes aux yeux, plein de tensions qui se relâchent… On a même dit: Om Mane Pad Me Hung…

Et voilà, il y aurait tant à dire encore… les photos arriveront dans quelques temps. Quant à nous, on repart demain pour 9 jours de trek, la vallée de la Markha, au Ladakh. Dernière petite chose: on a revu Christine à Leh. Elle est partie aujourd’hui pour l’aventure que l’on vient de terminer… Cela a été pour nous un vrai plaisir de la revoir.



Publié le 07:57, 17/06/2007
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Sur les routes himalayennes

Namaste.. Pour nous, une page s'est tournée. Le Népal qui nous a réservé tant de belles rencontres et littéralement saisi au coeur est derrière nous. Et devant nous, il y a le sous-continent indien et son milliard d'habitants. Une Inde qui se mérite. Voyageurs au long cours, mais avec un regard constant sur le cours de la bourse (finance oblige), on a préféré le bus à l'avion pour rallier Katmandou à New Dehli en Inde. Simplement... Je sais vous n'avez certainement pas la mappemonde sous les yeux et de toute façon si vous l'aviez cela ne représenterait qu'une tête d'épingle...

 

Au programme: 36 heures de bus, deux nuits entières, dans un confort tout népalais avec des haltes dans des bouibouis de chez bouibouis... Et bien figurez-vous que cette balade aura finalement duré 42 heures..... Presque deux jours complets.. La faute à trois haltes improvisées plus ou moins appréciées. Ca a commencé par des paysans qui ont bloqué une route en attendant l'arrivée d'un médecin (deux heures d'arrêt, juste une heure après notre deépart, de mauvaise augure), ça s'est poursuivi par une grêve de camionneurs (3 heures d'arrêt, en pleine nuit au milieu de nulle part, vive l'ambiance), enfin nos chauffeurs ont purement et simplement décidé de ne pas conduire sous un soleil de plomb (4 heures de sieste pour les gens qui étaient au courant du truc, une longue attente le cul entre deux chaises pour les autres, dont nous faisions partie évidemment)...

 

Bon, dans les 42 heures, faut pas oublier de compter les 3 heures, chrono en main, pour le passage de la frontière. Les aléas de l'administration népalaise ("pourquoi y vous manque le tampon là sur le passeport???") et indienne (fallait pas brusquer l'Indien, plutÔt lui verser un petit bakchiche dans le creux de la main, pratique courante par ici et qu'on a bien entendu refuser de cautionner)... Bref, les fesses en compote, le dos recourbé, les genoux écrasés, les yeux rougis et les cheveux en bataille, on a atterri plutot violemment à New Dehli....Trop d'Indiens, trop de bruit, trop de sollicitations, trop d'odeur nauséabonde, trop, trop...

 

Après moins de 24 heures dans la capitale, on a fui vers les montagnes au nord, à Manali... 15 heures de bus, mais cette fois, en couchette (si, si une vraie couchette, coincée sous le toit, au-dessus des passagers assis). Et dans la foulée, on a réservé notre prochain mois... 38 jours de balade himalayenne au programme (pour les connaisseurs, 25 jours pour la grande traversée du Zanskar, avec arrêts dans des monastères, puis 9 jours dans la Vallée de Markha autour de Leh). Départ fixé au lundi 21 mai... Mais difficile, va falloir dormir, rammollir les fesses, décourber le dos, rarrondir les genoux... car ça va décoiffer....



Publié le 03:28, 18/05/2007
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Au Langtang, à la découverte d'un Népal authentique

Le pire pour un randonneur, c’est le bus. Autant le dire tout de suite, dans le tour du Langtang, le plus pénible a été le trajet en bus de Katmandou à Dhunche: 8 heures de bus, dont les quatre dernières sur une route (..) en terre battue et surtout à flanc de montagne, avec sur le côté un ravin vertigineux… Et le pire, c’est quand le bus a calé en tentant de dépasser,  côté ravin, un véhicule en panne. Sauve qui peut, certains passagers, dont des Népalais ont sauté dehors du bus...Le chauffeur a magnifiquement réussi son démarrage en côte, au grand soulagement d’une trentaine de Népalais basanés et de six touristes livides..

A Dhunche, soulagés, on était prêt pour nos 15 jours de randonnée, avec chacun un objectif: pour Lale notre guide, le dal baht (plat traditionnel népalais fait de soupe aux lentilles, de riz et de légumes au curry, ingurgité deux fois par jour, 365 jours par an), pour Katia, les montagnes et pour moi, la fabrique de fromage de yack en fond de vallée…

Après Thulo Syabru, le sentier rejoint la rivière Langtang que l’on va suivre durant toute la randonnée. On grimpe dans une forêt comme en Suisse, sauf que la vallée est passablement encaissée. A Ghoretabela, deuxième stop de notre trek, on croise une expédition coréenne: des randonneurs équipés dernier cri de la tête au pied, avec des autocollants de sponsors partout. Avec leur deux mots trois quarts d’anglais et nos lacunes en sud-coréens, on tente de dialoguer… Sympathiques… Sauf que le lendemain, à 5 heures du matin, ces braves randonneurs se préparent à leur départ… Plus d’une heure pour tout emballer dans des sacs plastiques… Seule une cloison de bois nous sépare… Je pète les plombs à 5h44 et leur propose mon aide… Mais incomprehension…

Bref, on poursuit notre chemin. Direction le dal baht, les montagnes et la fabrique de fromages… A partir de Langtang village (3400m), la vallée s’ouvre. Magnifique. Un cirque de montagnes à explorer. On arrive à Kyanjin Gompa (3800m), dernier village de la vallée, après 4 heures de montée. Il est 12h00. Notre guide Lale opte pour une sieste. Avec Katia, on décide de grimper un peu, histoire de s’acclimater en douceur à ces hautes altitudes… Après 1h30 de balade, on arrive à 4400m d’altitude. Oups, on est à Kyanjin Ri, le but de l’excursion du lendemain… Incorrigibles…Pauvre guide…On change le programme. Demain, on ira a Cherko Ri (4984m), un point de vue à 360 degrés sur les montagnes alentour. Départ à 6h, Katia prête bien avant, grimpée raide, on a même traversé un névé. Le souffle court, on atteint les drapeaux de prière… Un ciel bleu azur pour un coup d’oeil incroyable sur les montagnes avec une sensation de se sentir au coeur de la chaîne himalayenne. Avant de quitter Kyanjin Gompa, on décide de pousser jusqu’aux confins de la vallée: 8h aller-retour, mais ça valait le détour. Oublie de vous dire que les yacks ne produisant pas assez de lait, pas de fromage… Tout ça pour ça…


Katia souffre d’un rhum carabiné et à la faveur d’un plongeon dans une eau froide (stupide pari avec un Allemand pour gagner au final un apple pie),  voilà toute la famille qui parle du nez… Pas de quoi calmer Katia qui décide de rentrer direct sur Thulo Syabru le lendemain, soit deux étapes en une, ou 2000m de descente et 600m de montée ou 31 km…Je suis bien sûr partant… Notre guide acquiesce. Ce sera donc sur les rotules, et après avoir repoussé une attaque de singes (notre guide Lale s’est en effet retrouve face à un singe à la tête noire entourée d’une couronne blanche… difficile de savoir qui a eu le plus peur) que l’on atteint le village. Mais ouf, le lendemain est décrété journée de repos et de lessive… Histoire de ne pas oublier que l’on est en vacances.
 

Pour rentrer sur Katmandou, on va passer par le Gosainkund Pass, à 4300m d’altitude, douce impression de se sentir en Suisse, d’autant que sur le chemin, on est tombé sur une vraie fabrique de fromages de yack. Et avec beaucoup d’insistance, on a eu droit à notre morceau de fromage… Hmmm. Les 500 gr (un peu plus de 3 FS) n’ont pas resisté à nos appétits conjugués (oui vous vous souvenez, Katia en est mordu).


Pour profiter des montagnes, on séjourne deux nuits à 4300m, on grimpe à 4600 pour un lever du soleil aussi somptueux qu’au sommet du Mt-Fort, Katia construit ses stupas autour des lacs….La sensation de se sentir loin de tout. Mais l’altitude ça pompe de l’énergie. Ne reste plus que cinq jours de descente vers Katmandou…A espérer passer entre les gouttes… On aura dù qu’une fois sortir nos impairs achetés au Vietnam. Plutot efficace, ils ne laissent rien passer. De l’extérieur vers l’intérieur et… de l’intérieur vers l’extérieur…
 Après 15 jours, quel soulagement de retrouver le confort de la ville, des toilettes propres et un choix de menus varié… On vient de terminer notre deuxième trek, très différent du premier, moins parcouru, on s’est senti plus proche d’un Népal authentique… Lale, notre guide-porteur est devenu notre ami. Sur nos 4 mois de voyage, on a passé un mois  en sa compagnie, à rire à ses côtés… Merci Lale pour ses moments de bonheur partagés, là-haut dans tes montagnes…

Publié le 01:16, 10/05/2007
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Le Tour des Annapurnas en 15 jours

Les jambes en compote et le sourire aux lèvres... Nous voilà de retour des montagnes et quelles montagnes. Dès 7000m et des 8000m juste là, à portée de crampons (là je dois réfréner les aspirations de Katia et sa soif d'altitude), à tel point que nos montagnes sont dixit les Népalais des collines... 15 jours loin de la civilisation, à avancer pas à pas, au rythme de nos petits coeurs qui se demandent où a bien pu passer ce si précieux oxygène... On a découvert la vallée de Manang en grimpant par étapes (4 à 6 heures par jour) pour ne pas nous griller. C'est que le Thorung La, le col qui sépare Manang et la vallée du Mustang culmine à 5400m et des poussières... Chaque jour nous avons appris à mieux connaître Lale, notre guide-porteur népalais.. Toujours à notre écoute, à notre service, le coeur sur la main... Toujours un sourire pour nous encourager et dire son plaisir à se balader dans ses montagnes... Sur ses pas, nous avons passé deux belles journées à Brakha (3475m d'altitude...), à grimper au Lac Gelé à 4600m d'altitude (1000m de dénivelé et 3 heures de grimpette pour notre journée de repos, on se découvre hyperactif), à visiter le temple bouddhiste du village, à déguster un thé dans la maison traditionnelle d'une institutrice de tibétain.. Le tout en compagnie de Karma, le gérant de la pension où nous séjournions. Une belle rencontre... Le matin de notre départ vers les hauteurs, il nous offre à chacun un foulard porte-bonheur qui va nous suivre jusqu'au col et durant toute cette année... On retient nos larmes...

 

La montée se poursuit, pas à pas, mètre après mètre.On grimpe progressivement pour atteindre Thorung Phedi, à 4500m d'altitude. En chemin, on a découvert des 6000m et des 7000m, comme l'Annapurna II et l'AnnapurnaIV, le Ganga Purna, en passant, notre regard a épousé les formes du Manaslu (notre premier 8000m)... Bon, les guides népalais ne s'accordent pas toujours sur le nom des montagnes.. Nous, on se contente juste de goûter à notre bonheur d'être là, au milieu de ces paysages "alpins". Bon pour ceux qui ont eu le bonheur de se retrouver au sommet d'une montagne valaisanne avec Katia sauront qu'elle est redoutable pour les réciter de gauche a droite.. Alors là, elle apprend, elle retient des noms de montagne, des numéros (le massif des Annapurnas comprend plusieurs sommets dont Annapurnas II, III et IV car pas encore vu le I, que l'on ne verra d'ailleurs pas durant tout le trek), les remet dans l'ordre après chaque question posée à un nouveau guide...Elle est vraiment redoutable..

 

Nous voici le jour J, celui du passage du col à 5500m et des poussières. Réveil à 2h, soupe de nouilles à 2h30 (on suit scrupuleusement les conseils de notre guide qui lui se tape un petit pain à la cannelle sous nos yeux envieux). Après 3h, on quitte Thorung Phedi, à 4500m, direction: là-haut dans la nuit... Après 40 minutes, on passe le camp avancé, à 4800m. On dépasse deux Israéliens avant de nous enfoncer dans la nuit... A 4h50, on réveille le monsieur de la Tea House. Tant pis, on se contentera de nos gourdes d'eau chaude... Il commence à faire froid...Après 2h40, le col est là, devant nous... Il est 5h50... Le soleil pointe à peine sur les 6000m environnants. Katia et Lale installent nos drapeaux de prière, moment que j'immortalise sur la carte mémoire de mon appareil photo... On va rester 40 minutes au col, le temps de prendre froid des photos. Katia a froid, très froid... On décide de plonger vers la vallée et Muktinath, 1700m plus bas... Vers 10h, on atteint le village, heureux d'avoir passé une nuit polaire, perdu au milieu de ses montagnes...

 

Derniers jours de trekking, à redescendre la Kaligandaki, la vallée la plus profonde du monde (entre le Dhaulagiri, 8172m, et l'Annapurna, 8091m). Les jambes sont lourdes, mais quelque part au fond de nos coeurs, il y a une petite lumière: on est juste heureux, tous les deux..

 

NB. oublie de vous mentionner deux détails: depuis deux jours, Katia réclame son fromage de yack... un twix et du coca et ça repart... et moi, je viens de me faire couper les cheveux... Bon,le coiffeur-masseur ne m'a pas épargné... J'ai la coupe de cheveux d'un acteur indien des années 50 et il m'a massé en long, en large et en travers, sous le regard mi-amusé, mi-inquiet de Katia.. Je me serais crû dans une machine à laver branchée sur le programme 40 degrés avec séchage...



Publié le 10:19, 20/04/2007
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Namaste!

Namaste tout le monde!
On vient d'arriver à Katmandou, heureux de retrouver les montagnes. On a juste aperçu l'Everest de l'avion. On rencontre une personne de contact aujourd'hui et dès demain, on part pour le Tour des Annapurnas, soit 16 jours de marche, avec le passage d'un col à plus de 5200m d'altitude... Pour lutter contre le froid, j'ai puisé dans la banque pour m'offrir une fausse doudoune North Face à 23 francs suisses après négociation. Katia cherche des chaussures montantes anti-torsion de chevilles. Et dès demain, à nous la grande aventure, la tête dans les nuages...
On vous embrasse.
Katia et Didier

Publié le 05:22, 4/04/2007
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Entre piqûres et torticolis

Nous voilà de retour à notre point de départ: Bangkok. Pour nous, une boucle prend fin. L'Asie du Sud-Est est bientôt derrière nous. On rêve déjà aux grands espaces himalayens et à ses paysages de montagne qui nous manquent.

 

Notre passage dans les îles de Thailande a bien entendu été marqué par son lot de surprises, de belles rencontres et de désagrements. On a visite l'île de Pukhet. Notre point d'attache était Kamala. Une belle plage, peu fréquentée en cette saison, une guesthouse toute sympathique. Et un scooter pour découvrir les environs. Sans permis de conduire, bien sûr, le document étant resté sagement à la maison en Suisse parce que Didier dixit: . Seul problème: on s'est fait prendre dans un contrôle ordinaire de police. But de la journée pour ces messieux au képi: traquer les touristes en non conformité avec le code de la route et leur faire payer le prix fort. < Your driving licence>, nous martèle l'agent, avec un bulletin d'amende sous le bras. Oups. Katia ne se démonte pas, cherche calmement une quelconque carte dans nos documents, sort la carte la plus crédible et la tend a l'agent... La carte ETI Mondo. Notre assurance le déstabilise. Il ne comprend bien sûr pas pourquoi le document ne comprend aucune photo et ne remarque pas qu'il est au nom de madame alors que c'est monsieur qui conduit le scooter. Le tour est joué.. C'était moins une.  On a ainsi évité des ennuis avec les autorités thaies... et sauver quelques dizaines de bahts. Sans caler, et clignoteur sagement enclenché, on quitte ce contrôle fiers de cette filouterie à agent de police.

 

A part ça, j'ai mangé des röstis au Cervin à Kamala, un établissement tenu par des Jurassiens bernois, Katia soigne enfin ici à Bangkok une allergie qui l'a pousuivie pendant nos deux semaines dans le sud. En gros, nager avec son costume de bain dans la mer lui a provoqué des rougeurs insupportables. Seul le baume du tigre appliqué sur sa peau lui coupe les démangeaisons. Quant à moi, je me suis tapé un torticolis carabiné qui a fini par passer.

 

Tout ça pour vous dire que nous allons bien, si, si, et que nous nous réjouissons des prochains mois, à arpenter les montagnes himalayennes. Au programme: du trekking, du trekking et du trekking. Quatre mois à marcher, entre 3000 et 5000m, à s'en mettre plein la vue, à tutoyer des montagnes mythiques, à découvrir des villages isolés... On se réjouit d'avance de partager toutes ces prochaines aventures avec vous...

Amitiés

Katia et Didier



Publié le 06:45, 30/03/2007
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Koh Lanta: de la télé-réalité à la réalité

Ciel bleu, eau turquoise, température de l'eau: 28 degrés, plage de sable blanc. Et oui, voilà ce que nous vendent les catalogues. Après 24 heures de voyage (en bus deux étages, puis minibus, puis scooter), on découvre Koh Lanta. Et oui, l'île de l'émission TV, avec ses plages turquoises.

Ca commence par un alignement de resorts, la plupart offrant des bungalows en dur. Les prix n'ont plus rien à voir avec ceux indiqués dans notre guide Lonely Planet. Oups. Et notre budget. On trouve un petit bungalow en bambou bon marché, avec un confort moyen qui fait l'affaire (on n'est pas trop regardant). Ce sera notre camp de base pour les 5-6 jours sur l'île. Elle n'a pas trop souffert du tsunami et se développe à la vitesse grand V, dans le sillage de Koh Phi Phi (une heure de bateau au loin).

Vive le farniente, un scooter loué à la journée pour partir à la découverte des plages voisines. A quelques kilomètres de l'hôtel,  on aperçoit une petite crique peu fréquentée et l'eau turquoise. Que du bonheur. On décide de booker un tour pour visiter 4 îles aux alentours de Koh Lanta. Au programme: snorkeling, où l'on voit quelques poissons, des oursins et des nemos, et baignade dans les eaux translucides de Koh Ngai, une petite île paradisiaque. Le long tail boat nous débarque à 300 mètres de la plage. Katia n'en croit pas ses yeux. Même à l'île d'Oléron, on ne trouve pas de plage comme celle-ci. Seul bémol, Katia rentre de cette excursion couverte de piqûres et chaque heure qui passe laisse apparaître de nouvelles marques. Peut-être une allergie aux piqûres de méduses. Rien que sur son bras gauche, on compte pas moins de 50 piqûres. Aïe.

Tout ça pour dire qu'hormis des petites aventures inhérentes au voyage, comme des coups de soleil carabinés sur les genoux (Didier) et mollets (Katia)- vive le scooter-, on prend le temps de découvrir quelques îles de la côte d'Andaman (Thailande), de siroter des jus de mangue et d'ananas, de piquer une tête quand le soleil tape trop fort, de planifier notre prochaine destination, Koh Phi Phi, et surtout de rêver à la prochaine étape de notre voyage: le Népal et l'Himalaya. Et oui, le temps file et cela fait déjà deux mois et 10 jours que l'on se promène en Asie du Sud-Est, au gré de nos rencontres et de nos envies.

Profitez pour nous de cette fin d'hiver.

Didier et Katia

 



Publié le 07:02, 17/03/2007
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